L’identification des facteurs de risques d’inondation potentielle reliés au contexte dans lequel les crues printanières se réalisent, est par nature complexe et fait intervenir à la fois la prise en compte des conditions hydrométéorologiques au sein du bassin versant concerné, mais également les caractéristiques physiographiques naturels (p. ex., la nature des sols) et les types d’aménagement humain (p. ex., le réseau de drainage) sur le territoire et leur évolution dans le temps.
Outre les conditions hydrométéorologiques, divers facteurs sont en cause quant à l’occurrence, la durée et l’intensité des crues printanières majeures :
- Les aménagements humains peuvent modifier, par exemple, le ruissellement, l’infiltration de l’eau dans le sol, la stabilité et l’érosion des sols (p. ex., apport sédimentaire dans les cours d’eau), et l’écoulement vers et dans les cours d’eau, en plus d’affecter les conditions de vulnérabilité et d’exposition sur le territoire.
- Les crues printanières, dont certaines peuvent mener à des inondations majeures (cf. crues vs inondations), résultent le plus souvent d’une combinaison de processus physiques apparaissant à des échelles variées :
- Issues de phénomènes ponctuels : Occurrence conjointe ou cumulative de processus rapides ou ponctuels, p. ex. la température qui influence le type de précipitation et/ou l’intensité des précipitations durant un événement ou une série d’événements météorologiques (échelles horaires et quotidiennes),
- Issues de phénomènes plus lents : Par ex., la saisonnalité des températures et des précipitations solides/liquides, que ce soit durant toute la saison hivernale ou au printemps. Cette saisonnalité est affectée par des oscillations climatiques de basse fréquence (échelles saisonnière et interannuelle) qui influencent la probabilité d’occurrence et l’intensité des précipitations et les caractéristiques du régime de température. À ces échelles, d’autres facteurs hydrologiques peuvent être en cause, soit les niveaux d’eau en surface et les niveaux des nappes phréatiques affectant le degré de saturation des sols en eau, ou même la présence de la glace dans les cours d’eau.
- Le contexte dans lequel se produit une crue printanière est donc à considérer, à la fois pour évaluer les combinaisons de facteurs hydrométéorologiques apparaissant à des échelles temporelles variées (heures, jours, mois et saison), mais également selon l’échelle spatiale et les caractéristiques du bassin versant considéré (aménagements humains, reliefs, types de végétation, présence de masses d’eau importante, etc.). Le régime hydrologique des cours d’eau du Québec, propre aux conditions climatiques qui varient sur le territoire, est également à considérer.
En résumé, les facteurs hydrométéorologiques reliés à la crue printanière, soit les conditions qui prévalaient au début et durant la saison hivernale et pas uniquement celles qui prévalent au printemps, sont responsables des niveaux et des débits des cours d’eau une fois la période de dégel amorcée. L’occurrence, la durée et l’intensité des crues printanières varient donc dans l’espace et le temps selon la distribution spatio-temporelle des événements météorologiques au sein du bassin versant, et plus généralement en fonction de l’ensemble du volume d’eau disponible (en phase solide et liquide) en hiver et au printemps.
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