La stratégie scientifique repose sur cinq (5) priorités générales de recherche et interconnectées, et largement inspirées des initiatives de l’UNDRR (United Nations Office for Disaster Risk Reduction), notamment le Cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe 2015-2030, et des rapports spéciaux du GIEC (Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Évolution du Climat) sur la gestion des risques reliés aux événements extrêmes et aux désastres. Ces axes généraux de recherche englobent : Axe 1 – les aléas, vulnérabilités et exposition vis-à-vis des risques d’inondations et de désastres; Axe 2 – les enjeux de gestion et de gouvernance; Axe 3 – les aspects biopsychosociaux (en particulier sanitaires et économiques); Axe 4 – la réduction des vulnérabilités au sein des individus, des organisations et des collectivités; et Axe 5 – la communication, outils d’aide à la décision, à l’adaptation et à la résilience.

Chacun de ces axes fait appel à plusieurs disciplines et nécessite une intégration intersectorielle de plusieurs thèmes de recherche. Ainsi, pour chaque axe, six disciplines sont sollicitées et imbriquées dans les projets, soit les sciences 1) de la nature, 2) liées aux technologies, 3) de la santé et la sécurité, 4) sociales et de la culture, 5) économiques et politiques, et 6) de la mobilisation et du transfert des connaissances.

Description des axes de recherche

Responsables:

Marc-André Bourgault, Université Laval

Maxime Boivin, UQAC

Description:

Les risques d’inondations et de désastres sont le résultat de la combinaison des aléas d’origine météorologique ou climatique, des facteurs de vulnérabilité et d’exposition des individus et de leur communauté, ainsi que des environnements naturels ou modifiés par les activités humaines. Afin de bien les identifier et les anticiper, il faut comprendre et prendre en considération les processus et les conditions dans lesquels ils se produisent, et évaluer comment cette combinaison de facteurs influence l’occurrence, la durée et la sévérité des différentes inondations.

Les risques dépendent de plusieurs facteurs, dont certains sont en évolution parfois rapide (ex., aléas hydrométéorologiques dans le contexte des changements climatiques) ou profonde (p. ex., exposition liée aux aménagements dans les bassins versants ou à l’urbanisation) ou faisant intervenir des enjeux de développement économique et humain circonstanciels (ex., vieillissement de la population, inégalités sociales et sanitaires). L’ampleur et la vitesse des changements en cours et à venir, à des échelles régionales ou locales, sont autant d’éléments à prendre en considération, nécessitant des observations hydrométéorologiques et psycho-socio-environnementales et des modèles (ex. météorologiques, climatiques, hydrologiques) de plus en plus sophistiqués.

Cela requiert une mise à jour régulière des informations et un développement continu des modèles (ex., couplés pour la prévision à des échelles journalières, saisonnières, voire multiannuelles) et le suivi régulier du degré d’exposition des communautés et des infrastructures sur l’ensemble du territoire. En améliorant les connaissances sur les multiples facteurs de risque et leur combinaison dans le temps et dans l’espace, incluant les effets dominos et les points de rupture, les travaux de cet axe permettront une évaluation plus précise des niveaux de risques d’inondations et leur mise à jour sur une base régulière. Ils permettront aux décideurs de mieux comprendre comment la distribution des risques évoluera, favorisant de meilleures prévention et préparation aux inondations. Ils contribueront également à une meilleure planification en termes d’aménagement (axe 2), et à une évaluation plus précise des conséquences potentielles selon les zones exposées et le degré de vulnérabilité des populations affectées (axe 3). Ils aideront à la transformation de nos façons de faire dans une optique de développement durable, d’adaptation et de résilience (axes 4 et 5), et d’une gestion des risques plus proactive et éclairée (axe 5).

Objectifs généraux:

  1. Acquérir une meilleure compréhension de la dynamique des inondations dans un contexte de CC en regard des conditions passées;
  2. Augmenter la prévisibilité des inondations incluant celles reliées aux embâcles de glace et aux submersions côtières;
  3. Identifier les populations vulnérables et les plus exposées aux effets des inondations;
  4. Évaluer comment la combinaison des facteurs naturels et humains et leurs changements probables influencent les niveaux de risques d’inondations futurs, à l’échelle des communautés.

Cibles:

  1. Développer de nouveaux outils de post-traitement des prévisions hydrométéorologiques;
  2. Développer de nouveaux critères plus complets utilisés pour définir les seuils d’alerte (débits, niveaux d’eau, etc.) par les services hydrologiques et météorologiques;
  3. Évaluation continue des outils et co-rédaction de guides d’utilisation (usagers);
  4. Contribution à la formation des professionnels (ex., gestion des urgences, systèmes d’alerte);
  5. Développement de scénarios des caractéristiques complètes des inondations à des échelles territoriales (fines) appropriées;
  6. Amélioration de la prévention et de la préparation.

Responsables:

Mario Gauthier, UQO

Pascale Biron, Université Concordia

Description:

Les instances gouvernementales pour la cartographie et les grandes orientations gouvernementales; les communautés métropolitaines et les municipalités régionales de comté (MRC), qui s’occupent aussi de la cartographie et de l’inscription des objectifs et des orientations gouvernementales dans leurs Plans métropolitains ou schémas d’aménagement; et, finalement, les villes et les municipalités (via l’adoption de règlement d’urbanisme pour gérer les plans d’occupation du sol). Ce système de gouvernance multiniveaux et multiacteurs (incluant les OBV) est complexe et devrait être analysé quant à son efficacité et ses lacunes, incluant le système de contrôle des usages du territoire qui doit être questionné et modernisé. Des travaux de recherche s’imposent afin d’actualiser le cadre de planification territoriale en prenant en compte les réalités spécifiques des territoires (gestion intégrée et adaptée). Les différentes parties prenantes ont besoin d’un soutien des chercheurs pour faire leur retour d’expériences afin de revoir leurs démarches planificatrices. Les défis de gouvernance sur le terrain peuvent être divisés en plusieurs blocs. D’une part, il y a tout ce qui concerne la prévention et l’approche prévisionnelle, ce qui comprend la planification. 

Des acteurs situés dans différents postes et différentes administrations sont requis pour travailler de concert afin d’obtenir une planification stratégique partagée qui permette d’agir en amont et ainsi minimiser les souffrances, dommages et coûts résultant des inondations. Ensuite, il y a la gouvernance des opérations en situation d’urgence et celle qui concerne le rétablissement des personnes et des communautés. Le travail de cet axe doit en priorité s’occuper de ces activités avant les inondations, bien qu’il puisse aussi conduire à entreprendre des tâches durant et après les événements. La gouvernance de prévention met en jeu les pouvoirs et responsabilités des uns et des autres, ce qui entraîne parfois des conflits lorsque les responsabilités se recoupent, pouvant entraîner d’importants délais. La diversité des acteurs a pour corollaire l’éclatement et la dispersion des connaissances disponibles et une certaine incompréhension mutuelle. Il s’agira donc de comprendre les enjeux et de favoriser la communication, la collaboration et l’aide à la décision. L’aménagement du territoire et les stratégies associées à la planification des incertitudes constituent également un défi majeur. Des réflexions innovantes intégrant des méthodes d’aménagement durable telles que l’introduction d’espaces de liberté des cours d’eau multifonctionnels dans la planification ont le potentiel de favoriser la résilience. Ces espaces peuvent être conçus en intégrant des réflexions tant sur la fonction de paysage que sur la biodiversité. Il conviendra également de développer des outils législatifs associés aux stratégies de prévention et d’adaptation qui assureront leur faisabilité sur le terrain. Il faut bien saisir qu’étant donné le caractère hautement variable du climat et la très grande quantité de lacs et de rivières au Québec, il est fort probable que les écarts (étiages plus importants, pluies torrentielles, inondations hivernales, etc.) vont s’accentuer si l’on maintient un cadre de planification urbaine traditionnel. Ici les défis de l’interdisciplinarité se conjuguent à ceux d’une inter-professionnalité qui affecte la prise de décisions.

Objectifs généraux:

  1. Réduire les obstacles à la gouvernance de prévention qui ralentissent, voire empêchent les prises de décision ou les actions de protection ou de réduction des risques et des dommages;
  2. Développer des outils d’aménagement du territoire favorisant l’adaptation aux changements climatiques;
  3. Favoriser la mise en place en collaboration avec les acteurs locaux de la législation nécessaire, en intégrant les relations et le capital social.

Cibles

  1. Mise en place à différents niveaux de gouvernance des outils d’adaptation;
    Développement de l’interdisciplinarité et des moyens de collaboration avec le milieu;
  2. Élaborer les outils législatifs nécessaires à la réduction des risques.

Responsable:

Nathalie De Marcellis-Warin, Polytechnique Montréal

Description:

1) Responsabilité financière de l’augmentation des coûts liés aux CC et des dommages aux propriétés situées dans les zones inondables non assurables; 2) Mode de partage des risques financiers entre les municipalités et les citoyens; et 3) Investissements dans les infrastructures. Les travaux de cet axe couvriront donc de façon intégrée l’ensemble des conséquences reliées aux inondations via l’utilisation de méthodes novatrices pour mesurer et décrire leurs effets. 

Objectifs généraux:

  1. Documenter les effets à court, moyen et long terme des inondations sur la santé globale des individus et de leur collectivité;
  2. Documenter l’interdépendance entre (a) la santé physique, mentale et relationnelle des individus; (b) les caractéristiques sociales des zones affectées par les inondations; (c) la situation économique des communautés; et (d) les caractéristiques de crues;
  3. Déterminer les facteurs de l’adaptation et de la résilience individuelles, collectives et organisationnelles au regard des inondations;
  4. Développer des schémas de répartition des risques (financiers) entre citoyens, assureurs privés, différents paliers de gouvernement, et partenaires privés et publics.

Cibles:

  1. Développement d’outils appropriés pour modéliser les relations entre les différents éléments liés aux effets des inondations sur la santé des populations;
  2. Recension d’écrits scientifiques et d’outils de collecte des données permettant de documenter rapidement les conséquences des inondations sur la santé de la population;
  3. Rédaction de guides de recommandations sur les interventions probantes à mettre en place afin de diminuer les impacts.

Responsables:

Yona Jebrak, UQAM

Mélissa Généreux, Université de Sherbrooke

Description:

La survenue d’inondations perturbe la vie des sinistrés, les organisations et la prestation des services municipaux, de santé et psychosociaux. Certains individus, par leur âge ou par leur condition sociale, économique ou de santé, sont plus à risque de subir des pertes matérielles et des blessures, de mourir ou de présenter des séquelles post-désastre. Pour leur part, les organisations et les municipalités peu préparées à intervenir en raison de l’absence de plans de mesures d’urgence, de manque de ressources ainsi que de personnel expérimenté et formé à intervenir en cas d’inondations, sont également vulnérables. Parler de transformation et de réduction des vulnérabilités, c’est favoriser la résilience des individus, des organisations et des collectivités (IOC) à prévenir, à se préparer, à résister et à se reconstruire et se rétablir face aux inondations. Les IOC vulnérables sont donc plus à risque de ne pas recevoir les services qu’ils requièrent pendant la période d’application des mesures d’urgence, de ne pas utiliser des stratégies d’adaptation efficaces et de développer plus de problèmes post-désastres que ceux moins fragilisés par des facteurs organisationnels ou sociaux perturbateurs.

Dans un tel contexte, il s’avère pertinent d’identifier les divers facteurs personnels (ex., l’engagement citoyen), contextuels (ex., durée et étendue des dommages), organisationnels (ex., procédures d’indemnisation), sociaux (ex., capital social, réseautage social), technologiques (ex., infrastructures, systèmes d’alerte), environnementaux (ex., contamination), administratifs, économiques (ex., endettement, diversité économique) et politiques (ex., politiques en vigueur concernant l’aménagement du territoire) susceptibles de maintenir, d’exacerber ou de diminuer la vulnérabilité, la résilience et l’adaptation de la société québécoise aux inondations. Une attention doit aussi être portée aux facteurs psychologiques et sociopolitiques impliqués dans le processus décisionnel menant à l’adoption de comportements et pratiques d’adaptation. Les facteurs d’ordre collectifs touchant aux capacités des organisations, des communautés et des municipalités doivent aussi faire l’objet de recherches plus systématiques. L’état des connaissances quant à ces différents facteurs demeure le plus souvent limité, ce qui nuit à une mobilisation efficace des savoirs pour des politiques publiques et l’adaptation des services publics et communautaires. Les recherches de cet axe visent à développer des connaissances en vue de mieux élaborer et mettre en application des mesures destinées à rehausser les capacités d’adaptation des IOC en période de catastrophe, et prévenir l’aggravation de problèmes sociaux, économiques ou politiques préexistants, ou leur apparition par la suite. Pour réduire les divers facteurs de vulnérabilité et augmenter ou favoriser la résilience des IOC, la réalisation de recherches intersectorielles ainsi que des retours sur les expériences vécues auprès de diverses parties prenantes seront nécessaires.

Objectifs généraux:

  1. Identifier les facteurs et les solutions multidimensionnels pré et post-inondations favorisant la réduction de la vulnérabilité de différents groupes d’individus (ex., femmes enceintes, aînés), d’organisations et de collectivités et permettant de renforcer la vitalité et la résilience des IOC;
  2. Identifier des interventions probantes à mettre en place avec les partenaires du RIISQ dans les différentes phases des inondations (prévention, préparation, intervention et rétablissement) pouvant diminuer les facteurs de risque et les effets néfastes des inondations incluant les coûts sociaux;
  3. Identifier les progrès technologiques et les changements dans les infrastructures et dans l’élaboration des plans d’aménagement qui peuvent servir à réduire les vulnérabilités (ex., en remplacement des sacs de sable).

Cibles:

  1. Recension des travaux sur les solutions probantes pouvant diminuer les facteurs de risque avant, pendant et après les inondations et ceux pouvant favoriser la résilience des IOC;
  2. Tirer les leçons apprises à partir de retours d’expérience, et des recommandations émises par les diverses parties prenantes;
  3. Transmission des recommandations émises par les experts aux diverses parties prenantes;
  4. Projets pilotes à implanter et à évaluer avec les IOC.

 

Responsables:

Lisa Bornstein, McGill

Marie-Christine Therrien, ENAP

Description:

1) Développer une attitude favorable; 2) Percevoir une pression sociale à l’adopter; et 3) Percevoir un plus grand contrôle sur le comportement. Afin d’augmenter les chances de réussite, il importe d’identifier lequel de ces trois éléments permet d’anticiper au mieux l’intention des individus. Les outils devront cibler celui ou ceux qui possèdent le plus grand pouvoir prédictif. Il existe plusieurs stratégies pour favoriser un sentiment de contrôle sur le comportement et la perception d’une pression sociale à l’adopter, comme le modelage, la pratique dans des situations fictives, le témoignage de personnes influentes dans le milieu, l’homophilie entre intervenants et personnes visées par l’intervention, le recadrage cognitif des fausses croyances, etc. Il revient donc aux concepteurs de sélectionner celles qui semblent les plus pertinentes selon le contexte. Cet axe intégrera les connaissances issues des autres axes, afin de co-construire et de pro- poser des stratégies de gestion, d’atténuation et d’adaptation des risques d’inondations en collaboration avec les décideurs ou les gestionnaires. Il comprendra également des travaux sur la communication des risques en tant que composante majeure de la gestion des risques et des crises, autant sur le plan opérationnel en situation d’urgence (pendant l’événement) qu’en matière de compréhension des enjeux (avant, pendant et après l’inondation). 

Objectifs généraux:

  1. Améliorer la prévention et la préparation via une communication des risques et une appropriation des concepts et des informations hydrométéorologiques par les décideurs et la population;
  2. Améliorer notre capacité collective à intervenir efficacement auprès des personnes en difficulté ou potentiellement à risque;
  3. Développer des outils pour favoriser la communication entre les différents acteurs impliqués dans l’atténuation des dommages et des conséquences des inondations;
  4. Mieux comprendre les différents facteurs affectant la perception des risques.

Cibles:

  1. Recension des connaissances théoriques et pratiques clés à inclure dans les outils d’aide à la décision pour la gestion des risques majeurs;
  2. Proposition de solutions (ex., en matière de communication) aux problèmes particuliers posés par les alertes précoces (formes de l’information, médias de transmission, dynamique des réseaux de transmission, capacité de réaction, etc.);
  3. Contribution au développement d’approche intersectorielle pour la création de cellules de veille appliquées à l’identification, la prévention, l’évaluation et la gestion des risques d’inondations;
  4. Élaboration des mesures de protection et de prévention, et des initiatives de sensibilisation auprès de différents milieux.

Description des disciplines

Responsable:

à venir

 

Description:

à venir

Responsable:

Gonzalo Lizzaralde, Université de Montréal

Description:

La discipline 2  « technologie » explore les interfaces existantes (ou nécessaires) entre plusieurs aspects de la réponse aux risques et aux désastres d’inondation. Ici, les chercheurs s’intéressent aux solutions innovantes, mais aussi aux enjeux sociaux, politiques et économiques qui rendent difficile leur mise en œuvre. Au sein de cette discipline, les chercheurs et les partenaires explorent les enjeux éthiques liés à l’innovation et aux changements déclenchés par les politiques publiques en matière de réduction de risques et de reconstruction. De cette façon, ils « problématisent » les solutions techniques, mettant en évidence les tensions et les controverses qu’elles génèrent.

Responsable:

à venir

Description:

à venir

Responsable:

à venir

Description:

à venir

 

Responsables:

Michael Bourdeau-Brien, Université Laval

Description:

La discipline 5 « économie – politique » examine la relation entre le risque (ex-ante) et les événements (ex-post) d’inondations et les décisions d’épargne, d’investissement, de consommation et de croissance économique prises par les gouvernements, les entreprises et les ménages. Entre autres choses, le responsable de la discipline répertorie les savoirs portant sur la monétisation des externalités non financières, sur le calcul de la rentabilité de stratégies de gestion des risques et sur les conséquences macro- et micro-économiques des inondations.

Responsable:

Julie Ruiz, UQTR

Description:

à venir