Quoi faire avant les inondations
Les milieux humides (étangs, marais, marécages et tourbières) peuvent emmagasiner temporairement des quantités importantes d’eau provenant des précipitations, de la fonte des neiges ou du débordement de cours d’eau adjacents, avant de rejoindre les lacs et les rivières. C’est pour cette raison qu’ils sont souvent reconnus comme des écosystèmes efficaces pour réduire le risque des inondations. Cependant, les études scientifiques montrent que les milieux humides peuvent parfois réduire les inondations, parfois jouer un rôle mineur ou parfois contribuer aux débits de pointes. En raison de cette forte variabilité dans la réponse des milieux humides aux inondations, il est indispensable de décrire leur environnement physique et leur connectivité avec les eaux de surface et souterraines pour identifier le rôle hydrologique qu’ils peuvent jouer dans la réduction des inondations, plutôt que d’assumer leur potentiel de réductions des inondations sur la base de généralisations parfois incorrectes.
Plusieurs facteurs hydrométéorologiques affectant l’ensemble du bassin versant¹ jouent un rôle majeur dans les crues printanières (occurrence, durée et intensité des crues) :
Avant la crue printanière:
i) Nombre de jours et valeurs des températures < 0°C;
ii) Volume de neige disponible à la fin de l’hiver;
iii) Profondeur de gel, contenu en eau dans le sol et niveau de nappe phréatique²;
iv) Épaisseur et étendue de glace dans les rivières;
v) Volume d’eau total (incluant la glace et la neige) dans les lacs et rivières.
Durant la crue printanière:
i) Occurrence, durée et rapidité de la phase de dégel (séquences de températures > 0°C);
ii) Occurrence et intensité des séquences pluvieuses;
iii) Quantité totale de précipitation liquide (durant le dégel).
L’ensemble de ces facteurs modifie également les vitesses avec lesquelles l’eau s’écoule en direction des rivières et participe aux débits.
¹Bassin versant : Unité géographique délimitant le cheminement des eaux de surface, de l’amont vers l’aval, vers un point de confluence appelé exutoire. Il correspond à l’espace drainé par un cours d’eau principal et ses affluents (lacs et rivières).
²Réserve ou nappe d’eau souterraine peu profonde et alimentant sources et puits, formée par l’infiltration des précipitations ou des eaux de surface dans le sol.
Quoi faire pendant les inondations
Différentes actions peuvent être réalisées pendant la phase d’alerte (lorsque l’inondation est imminente) et lors de l’inondation, selon la présence ou non d’un ordre d’évacuation. En tout temps, il est primordial de rester informé·e·s des mesures en place ou qui sont à prendre, et de respecter les consignes données par les sources officielles d’information : écoutez la radio et les médias régionaux, consultez le site internet de votre municipalité, suivez les services d’urgences et Urgence Québec sur les réseaux sociaux.
Protéger vos biens de valeur et votre terrain, s’assurer que votre trousse d’urgence est prête, surveiller le niveau d’eau, porter une attention particulière à la salubrité de vos aliments (si contact avec l’eau de crue) et vous renseigner sur les conditions routières font aussi partie des gestes à effectuer. Lisez ce qui suit pour en savoir davantage sur les gestes spécifiques à poser selon la phase d’inondation en cours.
Au cours des dernières décennies, que ce soit dans les pays développés ou en développement, les personnes âgées de 65 ans ou plus sont plus à risque de subir des préjudices (mortalité ou blessures) que les adultes plus jeunes lors d’événements catastrophiques. Elles sont également plus à risque de ne pas recevoir suffisamment d’aide et de soutien des autorités publiques ou des organismes non gouvernementales (ONG) et de développer des problèmes de santé post-désastre. Pourquoi? Plusieurs facteurs de vulnérabilité et d’exposition sont en cause, ainsi que des lacunes quant aux mesures de remédiation et d’atténuation. Ces facteurs sont notamment associés à des obstacles important lors de l’évacuation, des difficultés à demander et recevoir l’aide nécessaire, ainsi que des complications post-désastre.
Si vous résidez dans une zone sujette aux inondations, il importe de vous préparer efficacement à la survenue d’un sinistre afin d’amoindrir la vulnérabilité et l’exposition de votre ménage. Quelques gestes simples pourront maximiser votre sécurité en cas de sinistre, en diminuer les impacts (socio-économiques, psychologiques et sur la santé) et favoriser un meilleur rétablissement. Le premier geste à poser est toujours de consulter les autorités municipales puisqu’elles sont en charge de prévoir les plans de sécurité civile. Les autorités fédérales, provinciales et autres organismes bénévoles sont également une source d’information utiles. Parmi les actions à effectuer, mentionnons de : 1) préparer un plan d’urgence, 2) avoir une trousse d’urgence à portée de la main, 3) s’informer sur les impacts psychologiques associés à ce type d’événement, et 4) dresser un inventaire de vos biens.
Consultez aussi Comment puis-je protéger ma propriété et mes biens face au risque d’inondation ?
Si vous résidez dans une zone sujette aux inondations, certains gestes peuvent être posés afin de diminuer la vulnérabilité de votre ménage et vous préparer à la survenue d’un sinistre (voir Que dois-je faire pour me préparer à une inondation? ). Il en va de même pour la protection de votre propriété et de vos biens. Le premier geste à poser est de consulter les autorités municipales puisqu’elles sont en charge des plans de sécurité civile et veillent à appliquer les règlements concernant l’aménagement du territoire dans les zones inondables. Elles pourront notamment vous informer sur vos obligations relatives à votre habitation en zone inondable. Il est aussi recommandé de se doter, si possible, d’une police d’assurance multi-aléas (Consultez Dommages matériels suite aux inondations : qui paie pour quoi?). Lisez ce qui suit pour une liste de mesures à mettre en place pour protéger votre propriété et vos biens.
Quoi faire après les inondations
Suite à une inondation, les défis demeurent nombreux : plusieurs démarches doivent être entreprises et certains impacts financiers, matériels et psychologiques sont à prévoir (Consultez par exemple Quelles sont les conséquences de l’exposition à une inondation sur la santé physique et mentale ?).
Si vous avez été évacué-e-s, attendez les consignes des autorités civiles pour regagner votre domicile afin de vous assurer qu’il n’y ait plus de danger. Si l’électricité n’a pas été coupée avant l’inondation, attendez qu’un électricien qualifié ait déclaré les lieux sécuritaires. L’intégrité structurale des lieux doit également être évaluée. Le processus de nettoyage comprend notamment l’évacuation des eaux de crue, la décontamination et le séchage des biens, le tri des aliments et des médicaments, le nettoyage de la cour, l’observation de la présence ou non de moisissures et le remplacement des appareils ménagers. Un inventaire des dommages devra également être dressé rapidement. Plusieurs précautions seront à prendre durant ces démarches.
Les individus, de tout âge, allant des jeunes enfants aux personnes âgées, exposés à des situations environnementales extrêmes dont des inondations, peuvent être confrontés à différents stress et difficultés d’adaptation pouvant compromettre leur santé physique (p.ex., blessures, infections ou problèmes respiratoires) et mentale (p.ex., dépression, anxiété, trouble de stress post-traumatique, dépendances ou idéations suicidaires). Il importe de porter attention à ces réactions face à la situation stressante et de demander de l’aide de professionnels de la santé et des services sociaux au besoin.
Au Québec, l’inondation est un risque en partie assurable par le secteur privé de l’assurance de dommages sous forme d’avenants. Cette protection est à la fois facultative et restrictive puisqu’elle n’est pas obligatoire pour l’assuré et que les assureurs peuvent refuser ou restreindre la portée de la protection (Info-assurance). L’assurance inondation n’est généralement pas disponible pour les citoyens habitant dans les zones inondables ou lorsqu’elle est disponible, la prime étant proportionnelle au risque, le coût en est prohibitif. Pour un désastre naturel déclaré par le gouvernement du Québec, les sinistrés doivent alors se tourner vers le Programme général d’indemnisation et d’aide financière du Ministère de la Sécurité publique du Québec (Aide financière et indemnisation – Québec). Le programme prévoit une indemnité de reconstruction allant jusqu’à 200 000$ (ou 90% de la valeur à neuf). Toutefois, depuis avril 2019, le gouvernement du Québec a introduit une limite à vie de 100 000$ sur les réclamations au programme.
